Films conseillés

Kommunisten (Jean-Marie Straub, 2015)
2 avril 2015, par Serge Peker

Réalisé par Jean-Marie Straub, Kommunisten est un montage de six séquences tirées des films des Straub. Kommunisten est donc une reprise au sens où une reprise, en couture, est l’ajout d’une pièce neuve sur une étoffe ancienne à partir de fils suffisamment semblables pour que l’ensemble reste homogène. La pièce ajoutée dans Kommunisten est un fragment tiré d’un film inédit des Straub basé sur un roman de Malraux. Ce fragment sert d’ouverture au film. Mais Kommunisten est lui-même une pièce ajoutée à (...)

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American Sniper (Clint Eastwood, 2015)
24 février 2015, par Charles Foulon

Penser American Sniper n’est pas de l’ordre du confortable. Eastwood crée des fractures à l’intérieur même d’un personnage sans jamais recourir, comme à son habitude, à quelque psychologie que ce soit (il ne s’agit pas de schizophrénie). Cela entraîne l’impossibilité d’une totalisation. Bien qu’il y ait un nom propre pour cet ensemble que constitue le film, nous sentons un écartèlement. Nos émotions sont elles-mêmes contradictoires. Le cinéaste nous parle de plusieurs mondes : le monde de la famille, le monde (...)

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Phoenix (Christian Petzold, 2015)
12 février 2015, par Daniel Fischer

L’ambition de ce film est de proposer une fiction qui serait appropriée à ce qu’a été le retour des survivants des camps à la fin de la deuxième guerre mondiale, fiction qui en soit l’allégorie juste, et non pas une description plus ou moins réaliste (laquelle ne pourrait éviter d’être impudique, voire obscène). Il est en outre crucial qu’il s’agisse d’un film allemand - le deutscher Film, comme il y a un deutsches Requiem, qui manquait à l’Allemagne - ce qui fait du film non pas un « film de la Shoah » de (...)

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Loin des hommes (David Oelhoffen, 2015)
4 février 2015, par Charles Foulon

Un homme vit loin des hommes en 1954, en Algérie, dans l’Atlas. Instituteur, il est seul dans la montagne. Il n’a pas d’enfant, il a des élèves. Atlas, nom d’un géant qui, selon la légende, porte le monde en équilibre sur ses épaules. Atlas, nom d’une chaîne de montagnes majestueuses et arides en Algérie. Atlas avec un petit « a », nom d’une carte géographique, comme celle qui ouvre le film avec une vue du ciel de la France métropolitaine, et qui le clôt par une carte en coupe transversale de l’Algérie, du (...)

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Interstellar (Christopher Nolan, 2014)
20 janvier 2015, par L’art du cinéma

Imaginez notre monde au risque de sa disparition sous des nuages de poussières. Imaginez un film catastrophiste où, comme dans Les oiseaux d’Hitchcock, la menace ne soit pas expliquée. Pourtant, imaginez qu’il ne s’agisse pas d’un film-catastrophe, mais d’une saisie sur la question des décisions, des possibles, de la pensée. Saisissement par la musique qui, dès le début, construit en une immense symphonie un opéra-cinéma. Saisissement par l’entrelacement de deux genres, la science-fiction et le (...)

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National Gallery (Frederick Wiseman, 2014)
30 décembre 2014, par Serge Peker

Le film de Frederick Wiseman est surprenant par ce qu’il n’est pas, soit la promotion culturelle des chefs-d’œuvre de la National Gallery, et passionnant par ce qu’il est, soit le témoignage de la tentative par l’ensemble des responsables d’un musée (administrateurs, guides, restaurateurs, ...) de résoudre l’équation singulière de la présentation d’œuvres d’art à un public. Equation qui implique non seulement de cerner ce public, mais en plus de trouver les moyens d’établir un contact entre celui-ci et les (...)

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Le sel de la terre (Wim Wenders, 2014)
17 décembre 2014, par Charles Foulon

Le sel de la terre commence pratiquement comme un reportage. On se dit qu’on va s’ennuyer un peu. Mais il faut tenir, car on est récompensé par un processus lent. Il faut faire confiance au film, qui se transforme, devient intense, construit une subjectivité hors du commun et se constitue sous nos yeux. Et il faut le revoir, pour trouver à quel moment quelque chose se lève, une idée se met debout pour ouvrir un chemin. C’est comme l’éloge d’une lenteur, celle de la rencontre avec quelqu’un. Une vraie (...)

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The Tribe (Myroslav Slaboshpytskiy, 2014)
26 novembre 2014, par Charles Foulon

The tribe est un film assez brutal. Mais c’est un film qui tient une pensée tragique de bout en bout. Brutal car le cinéaste a fait le choix de ne tourner qu’avec des acteurs sourds et muets, donc aucune parole habituelle, aucun son de voix, mais des bruits. Et le vide entourant ces bruits. Pas de musique non plus. Cela crée un effet de langage des gestes très vifs, et même si on ne comprend rien, on comprend tout de même. Pas de sous titres non plus. Cela se passe dans une institution ukrainienne (...)

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Que ta joie demeure (Denis Côté, 2014)
7 novembre 2014, par Charles Foulon

Que ta joie demeure montre le travail tel qu’il est, fait de bruits, de gestes, de regards, de lumière et d’ombre. Les usines sont montrées pour ce qu’elles sont : fermées. On sera toujours à l’intérieur. On verra l’extérieur par les fenêtres. Mêmes les pauses sont à l’intérieur, ce qui donne l’occasion pour le cinéaste de construire un calme, des portraits de gens qui travaillent et qui deviennent beaux. L’usine est montrée comme complètement séparée du monde circulant, social, commercial, et en même (...)

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L’institutrice (Navad Lapid, 2014)
29 octobre 2014, par Charles Foulon

L’institutrice a l’audace de nous dire : le poète est irréductible, le poème a été dit, il est dit pour toujours, (ici, dit ou écrit est la même chose). Plus rien ne peut le nier, ou le sacraliser sur la scène sociale. L’acteur principal, l’enfant, est extraordinaire, car il reste un enfant comme les autres, et parfois a un besoin irrépressible de dire un poème. Il n’a besoin de personne pour cela, il s’adresse au vide, à tous. C’est la nourrice puis l’institutrice qui les note. Cette dernière sent (...)

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