Editorial

Le peuple et la loi - N°95

Le peuple est cette part de la population qui se constitue autour d’un principe d’égalité et de justice, contre ou en dehors de l’État. Les films de ce numéro spécifient cette opposition sous la forme de la résistance de gens à des lois qui entravent injustement leur vie. C’est en effet l’objet de Sully, où un pilote d’avion qui a sauvé ses 150 passagers se retrouve sur un banc d’accusation ; de Loving, dans lequel un couple de couleurs différentes impose son amour devant une loi raciste ; de Hidden Figures, qui montre comment la nécessité scientifique abolit la ségrégation à la NASA ; de Barbara, où une femme médecin surveillée par la Stasi choisit malgré tout de rester travailler dans son pays ; enfin dans L’autre côté de l’espoir, un petit collectif se forme en Finlande pour protéger un réfugié syrien menacé d’expulsion. Trois westerns qui rendent universelle la résistance des Indiens à la colonisation (Devil’s Doorway, Broken Arrow et Cheyenne Autumn) nous rappellent par ailleurs que le thème n’est nouveau ni dans l’histoire, ni dans le cinéma.


L’art du cinéma a été fondé en 1993 par Alain Badiou et Denis Lévy.

Notre revue, qui paraît deux fois par an, n’entend pas suivre l’actualité d’un point de vue critique. Elle est organisée autour de thèmes directeurs, à propos desquels sont convoqués des films de toutes époques. Il n’y a pas, à nos yeux, de « vieux » films, il n’y a que des œuvres sans âge.

Notre propos est en effet de considérer les films comme des œuvres d’art, c’est-à-dire des formes de pensée autonomes et singulières.

Dans cette optique, nous parlons de films que nous aimons, et dont nous supposons qu’ils pensent, pour tenter d’y saisir cette pensée à l’œuvre à travers les idées-cinéma qu’ils créent.

Notre travail est collectif, en ce qui concerne le choix des thèmes, la discussion des films et les projets d’articles, qui sont ensuite écrits et signés individuellement.

Le 7 avril 2016, à l’occasion du séminaire "La pensée du cinéma à Paris VIII" organisé par Suzanne Liandrat-Gigues, Denis Lévy et Alain Badiou, à travers un bilan de presque 25 ans de L’art du cinéma, sont revenus sur les aspects essentiels de notre travail de défense et d’illustration du cinéma en tant qu’art.

- Centre National du Livre