Editorial

Jean-Luc Godard - N°84/85/86

Le cinéma de Godard est un cinéma du discontinu – un cinéma de montage, en quoi il hérite du cinéma soviétique, à ceci près qu’il en soustrait la volonté d’être un langage. Il défait aussi la continuité "naturelle" entre l’image et le son en les mettant à égalité, et ne cesse d’exposer l’impureté native du cinéma en incluant des fragments prélevés aux autres arts. La grande singularité de Godard, c’est sa constante connivence avec l’intellectualité de son temps. Son cinéma filtre le fatras d’une époque de plus en plus désorientée pour y suggérer l’orientation de l’idée – idée-cinéma par excellence, parce que donnée par la seule construction, et donc idée trouble et troublante parce que complexe.


L’art du cinéma a été fondé en 1993 par Alain Badiou et Denis Lévy.

Notre revue, qui paraît deux fois par an, n’entend pas suivre l’actualité d’un point de vue critique. Elle est organisée autour de thèmes directeurs, à propos desquels sont convoqués des films de toutes époques. Il n’y a pas, à nos yeux, de « vieux » films, il n’y a que des œuvres sans âge.

Notre propos est en effet de considérer les films comme des œuvres d’art, c’est-à-dire des formes de pensée autonomes et singulières.

Dans cette optique, nous parlons de films que nous aimons, et dont nous supposons qu’ils pensent, pour tenter d’y saisir cette pensée à l’œuvre à travers les idées-cinéma qu’ils créent.

Notre travail est collectif, en ce qui concerne le choix des thèmes, la discussion des films et les projets d’articles, qui sont ensuite écrits et signés individuellement.

Sur notre site sont accessibles les textes des numéros épuisés, des textes inédits, mais aussi les sommaires des numéros encore disponibles.