Editorial

Faire l’histoire - N°94

L’histoire est le récit global d’un passé qu’elle périodise. Or tout récit est nécessairement une fiction. La suspicion historienne à l’égard du cinéma qui "arrange" l’Histoire à sa convenance n’a donc pas lieu d’être. Le cinéma a la capacité de se saisir de l’Histoire pour en présenter visiblement les processus en acte : il la fait parler pour aujourd’hui. C’est pourquoi le film devrait être l’indispensable socle du cours d’histoire, surtout quand il s’attache à l’histoire des gens : le cinéma, comme le roman, ne distingue pas entre petite et grande Histoire. C’est en cela aussi qu’il est un art populaire.
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L’art du cinéma a été fondé en 1993 par Alain Badiou et Denis Lévy.

Notre revue, qui paraît deux fois par an, n’entend pas suivre l’actualité d’un point de vue critique. Elle est organisée autour de thèmes directeurs, à propos desquels sont convoqués des films de toutes époques. Il n’y a pas, à nos yeux, de « vieux » films, il n’y a que des œuvres sans âge.

Notre propos est en effet de considérer les films comme des œuvres d’art, c’est-à-dire des formes de pensée autonomes et singulières.

Dans cette optique, nous parlons de films que nous aimons, et dont nous supposons qu’ils pensent, pour tenter d’y saisir cette pensée à l’œuvre à travers les idées-cinéma qu’ils créent.

Notre travail est collectif, en ce qui concerne le choix des thèmes, la discussion des films et les projets d’articles, qui sont ensuite écrits et signés individuellement.

Le 7 avril 2016, à l’occasion du séminaire "La pensée du cinéma à Paris VIII" organisé par Suzanne Liandrat-Gigues, Denis Lévy et Alain Badiou, à travers un bilan de presque 25 ans de L’art du cinéma, sont revenus sur les aspects essentiels de notre travail de défense et d’illustration du cinéma en tant qu’art.

- Centre National du Livre